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La turbulence en milieu scolaire et ses effets sur l’apprentissage

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La turbulence en milieu scolaire et ses effets sur l’apprentissage

    La turbulence des élèves dans le milieu scolaire est considérée comme l’un des facteurs les plus alarmants de l’échec et de la déperdition scolaires. Cette turbulence peut commencer du simple bruit ou de tapage jusqu’aux actes de violence ou d’agression. Ainsi, chaque jour, à travers les différents moyens d’information (journaux, télévision, Internet, …), nous lisons et entendons sur des sujets d’actes de violence en milieu scolaire. Ce sont des comportements pernicieux et variés comme sont variés les facteurs qui les causent et les impacts qu’ils laissent. Du primaire au supérieur, en passant par le secondaire collégial et le secondaire qualifiant, nous apprenons quotidiennement de mauvaises nouvelles concernant des actes d’agressivité commis par des élèves ou par des exerçants dans le domaine de l’enseignement. Et ces mauvais comportements engendrent des effets très négatifs sur le cours normal de l’action éducative, et sur la qualité des apprentissages escomptés par chaque établissement (public ou privé) œuvrant dans le domaine de l’enseignement.

    Toutefois, le sujet de cet article se limitera à l’examen des simples faits de « bruit » quotidien et de « tapage » des élèves, au lycée qualifiant Moulay Ali Cherif où nous exerçons. Il ne sera donc pas question de la violence ni d’actes agressifs qui n’existent quasiment pas dans cet établissement, heureusement. Le but de cet article est de sensibiliser les élèves sinon à éradiquer ce phénomène, du moins à minimiser sa prolifération et ses effets néfastes sur leur apprentissage.

   Alors quelles sont les formes et les manifestations de cette turbulence des élèves ? Quelles sont ses causes ? Et que dire de ses répercussions et ses conséquences ? Enfin comment peut-on sensibiliser les élèves à bannir ce genre de comportement et les pousser à attacher plus d’importance et de responsabilité aux contenus pédagogiques ?

    Tout d’abord, il faudrait  rappeler que le lycée Moulay Ali Cherif a autant de caractéristiques positives qui en auraient fait un lycée calme, efficace et formateur d’élèves d’un bon niveau de connaissances. C’est que sa situation loin du vacarme de la ville et de l’animation des quartiers, son site spacieux, sa capacité d’accueil ne dépassant pas un millier d’élèves, sont des atouts qui aideraient à la discipline et qui encourageraient à la curiosité de l’acquisition dans une atmosphère de stimulation et d’optimisme.

    Or, on note récemment que, chez les élèves de ce lycée, commencent à se développer des comportements de plus en plus inquiétants, que ce soit en classe ou à l’extérieur. Ces formes de turbulences peuvent être résumées comme suit : retards, promenades dans les couloirs, écritures sur les murs, vacarme dans la cour ou devant les toilettes, bruit à l’intérieur de la classe (en particulier dans certaines disciplines), dérangement répété souvent par les mêmes élèves, manque d’attention en classe, absence ou manque d’interaction avec le contenu éducatif, insouciance vis-à-vis des livres et des fournitures scolaires, perturbation gratuite et répétée dans la salle de classe ou même à travers les fenêtres !, cris, rires, échange de paroles futiles, moquerie, parfois des insultes ou des mots obscènes, demandes frivoles de sortir, faux prétextes pour ne pas faire des exercices à la maison, puis des tentatives condamnables de tricher aux devoirs surveillés, et ce qui est pire, fraude aux examens normalisés !

   Tels sont les aspects de la turbulence quotidienne des élèves. Quelles sont maintenant les causes de ces comportements scandaleux ?

    Selon un questionnaire simple et urgent que nous avons réalisé auprès d’un échantillon d’élèves de Moulay Ali Cherif, les motifs qui poussent les élèves à faire du bruit peuvent être cités comme suit : le manque d’harmonie entre les enseignants et les élèves, la difficulté de dominer la classes chez certains professeurs , parfois l’indifférence de l’enseignant vis-à-vis des efforts fournis par l’élève,  le manque de rigueur dans la prise des mesures disciplinaires et dans l’application des sanctions,  la mauvaise éducation familiale chez certains élèves, le manque d’attention et de suivi chez d’autres en raison de la difficulté des programmes ou à cause de l’ambiguïté des méthodologies, l’inconscience des élèves quant à l’importance des études dans leur avenir, l’insatisfaction de certains et leur jugement défavorable envers toute chose, la surcharge des classes, les amitiés nouées entre les élèves depuis le collège ou même plus tôt…. Et quelques-uns parmi l’échantillon interrogé ont déclaré que « la turbulence est quelque chose de fou ». C’est-à-dire qu’il y a des individus qui cherchent à perturber sans aucune raison.

    Et à la question : « quelles sont les matières où les élèves paraissent plus bruyants ? », on a cité le français, l’arabe, et quelquefois la philosophie. Quant à la question : «  vous est-il arrivé qu’une séance prenne fin sans avoir rien appris à cause du bruit ? », toutes les réponses ont été « oui », (mais il est à signaler que l’échantillon était réduit : 50 individus).

   Parmi les facteurs de la turbulence à l’extérieur de la classe, on trouve : le manque d’éducation familiale chez certains, la mauvaise compagnie, l’égoïsme et l’amour de soi, le facteur d’adolescence pour des gens qui aiment « se montrer » devant les filles, le non-respect du règlement intérieur de l’établissement, l’absence d’ espaces adéquats pour les moments de récréation ou pour les heures creuses. Mais un autre facteur,  surprenant celui-là, est mentionné par quelque cinq répondants au questionnaire : « la mauvaise conduite de quelques élèves est dictée par la consommation des drogues » ! C’est une surprise car nous ne savions pas que parmi les élèves de Ali Cherif se trouvent des drogués.

  Et à la question : « êtes-vous pour la souplesse ou pour la rigidité face aux turbulents ? », la majorité des réponses a varié entre la rigueur et « le milieu est le meilleur des choix ».

   Toujours dans le contexte de la conduite des lycéens, il semble intéressant d’exposer brièvement les témoignages de quelques-uns des collègues enseignants à propos de leur expérience avant de rejoindre le lycée Ali Cherif.

   Celui-ci est un professeur de philosophie. Il a exercé dans un lycée d’Agadir. Il dit que l’organisation de l’établissement était excellente. Et les élèves y sont mus d’un véritable désir d’apprendre et d’un grand respect dans le comportement. Au cours de chaque séance, tout le monde écoutait attentivement, stylo à la main, notant en silence tous les points essentiels de la leçon….

  Celui-là est un autre collègue enseignant la philosophie aussi. Il a travaillé à Nador. Il dit que la disposition des locaux aidait beaucoup à la maitrise de l’établissement. C’est que les bureaux administratifs se situent tout en face des salles de cours et des couloirs, rendant toute entrée ou sortie contrôlées de loin, de telle manière que personne ne peut se tenir sans raison dans les allées  ni oser écrire sur les murs.

  Un autre témoignage d’un professeur d’éducation islamique. Il était à Figuig. Il déclare que l’effectif ne dépassait pas deux cents élèves. Il dit aussi que les bureaux du surveillant général et du directeur se trouvent juste en face des classes. Le lycée est équipé également d’un restaurant et des salles de révision. « Un comité de vigilance » a été créé pour contacter directement les parents d’élèves en cas de besoin. Et le comportement des élèves, dit le professeur, était si poli qu’ils ne vous laissent jamais le temps « d’effacer le tableau par vous-mêmes ».

  Certes, on a exposé ici les exemples de témoignages de belles expériences. En fait, force est de rappeler qu’il existe des cas d’autres lycées dans de nombreux endroits bien pires que ce que nous vivons à Moulay Ali Cherif. Il existe des lycées infestés non seulement de bruit ou d’agitation mais de maladies sociales dégoûtantes et dangereuses.

  Après avoir traité les formes de la turbulence scolaire et de ses facteurs, nous examinerons son impact négatif sur les étudiants et ses conséquences immédiats et à long terme. Signalons de passage que la grande majorité des apprenants ne se rendent compte de la nocivité de ces répercussions qu’après la perte des occasions de se corriger et de rectifier leurs erreurs.

   Il y a lieu de remarquer que les effets du bruit d’élèves en milieu scolaire sont de plusieurs niveaux. Parmi les conséquences immédiates, nous citons les sanctions disciplinaires à l’encontre de l’élève turbulent : des blâmes répétés, avertissements oraux, expulsion de la salle de classe, rapport écrit, mauvaise note en matière concernée, diminution de la note de conduite et d’assiduité, signature d’un engagement, interpellation du tuteur, comparution devant un conseil de discipline, ….et bien sûr, chacune de ces mesures disciplinaires auraient des effets sur la personne du concerné.

   Par ailleurs, on note que le bruit produit des effets sur un autre plan, tels l’apparition de perturbation chez l’enseignant au cours de son travail, tension de relations, agacement des autres élèves et détournement de leur application et de leur goût d’assimilation. Ces répercussions négatives du bruit se traduisent par un état de fatigue et de stress chez le professeur comme chez l’élève à la fin d’une journée de travail. Souvent des enseignants se plaignent d’une fatigue causée non par l’effort d’expliquer le cours mais par cette attention excessive à maîtriser la classe et à identifier les perturbateurs. C’est vraiment absurde. Et ce participant au sondage a eu totalement raison de répondre que « le bruit est un travail de fou » !

   Ajoutons qu’un bruit continu perturbe la séance  et fait perdre énormément de temps dans des préoccupations bagatelles, aux dépens des contenus des programmes et sans pouvoir créer des conditions d’une interaction positive ou d’une communication constructive.

  Dans la même perspective, les répondants ont également déclaré que parmi les impacts du bruit nous trouvons : des effets néfastes sur le degré d’apprentissage et d’assimilation, le dérangement des autres, l’implication des innocents, le redoublement et l’abandon scolaire, la destruction de l’avenir….

  Cependant, les conséquences les plus négatives et les plus désastreuses de ces turbulences des élèves sont l’échec répété, l’incapacité de s’orienter à des filières choisies, sans oublier que ce bruit et cette indifférence demeurent de principaux facteurs des tentatives de tricherie aux évaluations et examens, et facteurs des sollicitations auprès des enseignants d’une note non méritée.

  Enfin, ce bruit quotidien – qui semble simple à première vue – peut conduire à des conséquences lamentables qui apparaissent au niveau de l’enseignement supérieur, au niveau de différentes sélections et concours, puis sur le plan du  marché de l’emploi et l’obtention d’une fonction déterminée.

   Et qu’en est-il des solutions ?

   Il est vrai que le bruit est considéré quelquefois comme expression d’une vitalité de la jeunesse. En effet, l’âge des lycéens n’est pas assimilé au calme des adultes. Néanmoins, cette animation devrait être versée d’une manière ordonnée et rationnelle, dans d’autres activités comme le sport et les arts, sur des terrains de sport, des plages, etc. et non plus au cours des séances d’un apprentissage théorique.

   Il est également vrai que les élèves du lycée Moulay Ali Cherif se caractérisent généralement par une bonne conduite et par un comportement poli et civilisé. Mais le sujet de cet article s’adresse, bien sûr, aux cas frivoles, envisageant ainsi à les amener à s’investir davantage dans tout ce qui est bénéfique pour les personnes et la société.

   En ce qui concerne certaines des solutions pour surmonter le phénomène de la turbulence des élèves et de leur bruit quotidien, je crois que la solution de base est qu’ils s‘empêchent de faire du bruit au sein de l’établissement, qu’ils arrêtent leurs sottises de leur propre gré. Ils doivent être conscients que leur tapage dérange les autres, et qu’il fait gaspiller les possibilités de travail et les chances de réussite. Je pense qu’ils doivent poser leurs difficultés avec courage, respect et conscience devant  les professeurs et devant l’administration, sans recourir aux réactions turbulentes qui ne sont dans l’intérêt de personne. Je vois que, pour les autres élèves, ils ne doivent pas se joindre aux turbulents ni les défendre. Ils ne doivent pas acclamer leurs « folies ».

   En conclusion, les élèves doivent savoir que les enseignants ainsi que tout le personnel éducatif ne sont là qu’en faveur d’eux et pour leur bien ; et qu’ils sachent que l’opération d’enseignement est estimée à un coût élevé (constructions, équipements, salaires du personnel….), sans oublier l’effort maintenu des parents et leurs sacrifices. Finalement, ils doivent être convaincus que l’enseignement est devenu aujourd’hui le domaine d’une concurrence féroce, et que les meilleures spécialités et les meilleurs postes ne seront à la portée que de ceux qui s’appliquent sérieusement dans leurs études et ceux qui sont forts en connaissance.

                                                         Mohammed Bel Haj Haddou.

 

 

 

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